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L'observateur du dimanche

L'observateur du dimanche

Le blog de Benoît de Valicourt - Je vote blanc parce que le bleu est devenu marine et le rouge a perdu de sa passion.


Vers une Union Européenne Fédérale.

Publié par L'observateur du dimanche sur 23 Mai 2014, 14:01pm

Les instituts de sondage reconnaissent volontiers que les intentions de vote attribuées au Front National sont sous-estimées mais est-ce bien raisonnable ? Dans quelques jours, plus d’un Français sur 4 qui se déplacera pour accomplir son devoir civique européen votera pour le FN dans une presque indifférence générale ! Mais que cherche-t-on ? A se faire peur ? A anéantir les fondamentaux de la CEE qui avait pour but de se prémunir d’une nouvelle guerre et de soutenir l’économie de l’Europe malmenée par le dernier conflit mondial ?

L’Europe est aujourd’hui malade, elle a perdu de son prestige suite à ses élargissements successifs, elle n’est pas comprise de ses citoyens et sert trop souvent de bouc-émissaire aux échecs nationaux.

Et pourtant l’Europe est une belle idée, même si les prémices de sa conception ont souvent été le dessein de despotes expansionnistes annihilant la culture des peuples soumis à la domination de l’occupant.

Depuis le Traité de Rome, les choses sont différentes et les nations font acte de candidature pour rejoindre l’Europe, mais l’élargissement permanent a conduit à une expansion débridée de l’Union Européenne laissant davantage la place à une association internationale qu’à une organisation supranationale visant à s’auto-administrer.

Dans son roman Il est de retour, Timur Vermes (Editions Belfond 2014) donne vie à Adolf Hitler 70 ans après sa mort et lui prête cette citation au sujet de l’Europe : « …pratiquement tout le monde pouvait en faire partie, même les pays les plus sous-développés situés aux marches de l’Europe. Or, quand tout le monde peut faire partie d’une alliance, celle-ci perd toute vertu. Qui veut acquérir certains avantages doit donc créer une nouvelle alliance à l’intérieur de l’ancienne».

Il faut admettre que l’auteur pose ici le problème de l’élargissement de l’Union et donc de la limite de l’exercice vs le Traité de Paris. Il faudra attendre la fin d’un conflit, celui des Balkans, pour que les pays de l’ex-Yougoslavie de Tito rejoignent l’UE qui n’aura pourtant pas empêché la crise économique de 2008.

Faut-il continuer à imaginer une Europe qui ne fait plus rêver ou devons-nous revenir aux fondamentaux du rêve le plus simple de Jean Monnet ?

Paradoxalement, l’Europe en tant qu’organisation supranationale se fissure après la chute du Mur de Berlin avec le traité de Maastricht. Les opposants à l’Union se font plus nombreux et les dirigeants européens accélèrent le processus d’élargissement comme s’il fallait agir vite, sans doute parce que le coup d’Etat en URSS visant à empêcher le traité de l’Union de Gorbatchev quelques mois plus tôt avait laissé des traces dans la mémoire des artisans de l’Europe.

Le problème est que l’accélération de la construction s’est faite au détriment de la pédagogie la plus élémentaire et qu’il n’est pas surprenant aujourd’hui d’assister à un rejet massif d’une institution comprise de ses seuls représentants qui parfois ne sont pas convaincus eux-mêmes mais acceptent d’être candidats éligibles pour s’assurer une reconversion politique après une défaite électorale nationale.

Tout ne peut pas être détruit aujourd’hui, on ne peut pas exclure tel ou tel pays, mais en revanche on peut décider de ne plus élargir l’Union, de repenser ses structures, du Conseil de l’Europe à la Zone Euro, et imaginer une Union Européenne plus fédérale composée des pays qui ont en commun la volonté de partager, outre une monnaie commune, une autorité judiciaire commune, une armée commune, une diplomatie commune, un commerce extérieur commun. Pour les autres Etats qui ne veulent pas ou ne peuvent pas rejoindre cette Union Européenne Fédérale, le droit international permet la création d’une organisation comme la Communauté d’Etats Indépendants, assurant la coordination de relations privilégiées de ses membres avec l’Union Européenne Fédérale.

Les élections européennes de 2014 marquent le 35ème anniversaire du premier suffrage universel direct du Parlement Européen ; on aurait pu espérer une campagne plus joyeuse, plus européenne mais on assiste à un dénigrement permanent de l’Union Européenne, à une défiance voire une indifférence des citoyens.

L’échec est collectif, les grands partis français à force de marier la carpe et le lapin sur les listes européennes ont sali l’institution et démotivé les électeurs, incapables de rêver d’une Europe forte, unie et conquérante sur le plan économique, parce que sa construction ne s’est pas faite dans l’optique d’un Etat fédéral mais dans celle d’un cataplasme pour combattre les nationalismes les plus vils ; il manquait l’idéal supranational que les Etats-Unis d’Amérique ont su construire.

Le 25 mai prochain, les mouvements nationalistes anti-européens gagneront les élections, les partis pro-européens seront sur le banc de touche parce que les élections européennes ne servent pas à élire des parlementaires qui construiront l’avenir des euro-citoyens mais permettent d’élire des députés qui pendant 5 ans n’auront de cesse de réduire voire de détruire le projet européen.

Il nous reste cependant un peu d’espoir, il a fallu 172 ans aux Etats-Unis pour devenir la république constitutionnelle fédérale que l’on connait, la construction européenne n’a que 62 ans !

Vers une Union Européenne Fédérale.

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