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L'observateur du dimanche

L'observateur du dimanche

Le blog de Benoît de Valicourt - Je vote blanc parce que le bleu est devenu marine et le rouge a perdu de sa passion.


Les intellectuels de gauche sont assis sur leurs certitudes.

Publié par L'observateur du dimanche sur 13 Octobre 2015, 13:42pm

« Les intellectuels de gauche sont assis sur leurs certitudes. »

Claude Bartolone, Président PS de l’AN

Nous connaissons tous l’image du coq gaulois, celle de l’exception culturelle française, le slip français, la marinière française chère à Montebourg, la chaussette française vendue dans les boutiques de l’Assemblée Nationale et du Sénat et plus récemment nous avons découvert l’intellectuel réac français … et ce n’est pas une espèce en voie de disparition ! Bien au contraire, l’intellectuel réac français est à la mode grâce aux médias dont certains ne peuvent pas être taxés de complaisance.

L’exception culturelle française aurait-elle renoué avec les penseurs de la première moitié du XXème siècle éduqués sur les cendres d’une France droitière, bourgeoise, catholique [et trop souvent antisémite] qui n’avait pas encore fricoté avec le gauchiste, le prolo, l’artiste populaire ou la bohème ?

Céline, Barrès, Brasillach, Daudet, Morand ou Maurras ont leurs disciples et pourtant rien n’est comparable à leur époque.

Si j’ai toujours pensé que la mémoire est le socle à partir duquel construire le présent, je crois que nous devons nous servir de ce passé pour ne pas reproduire des schémas dont on sait aujourd’hui, de façon factuelle, qu’ils ne sont pas les solutions que nous attendons.

Je lisais la tribune de deux jeunes intellectuels Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie dans Le Monde daté du 27 septembre 2015 et si j’ai trouvé ce texte brillant, je ne comprends pas comment deux esprits du XXIème siècle puissent confondre socialisme et humanisme. Ils invitent les intellectuels de gauche à se réengager face aux discours de repli qui nous étouffent progressivement, face aux incantations sectaires et face aux idées réactionnaires.

Si la conversation est un art français, la subversion est passée du côté de la conversation. Le siècle des Lumières ne brille plus, l’obscurantisme nous entraine dans la pénombre des années 30 et notre salut serait la gauche bienpensante ?

Assurément non ! Parce qu’il faut cesser de confondre Humanisme et Socialisme.

Je cite volontiers Hegel « Je tiens autrui pour égal à moi-même » et pourtant je ne suis ni marxiste, ni communiste, ni socialiste. Si ces courants de pensée politique ont fait leur temps soit parce qu'ils ont montré leurs échecs, soit parce qu’ils ne sont plus adaptés à notre époque, la citation de Hegel n’a pas pris une ride et devient, dans un monde d’ouverture, d’échanges, de mutations, de connaissances, de sciences et de culture, la devise de l’humanité. Et nous n’avons pas besoin d’être de gauche ou de droite, progressistes ou conformistes, réactionnaires ou libertaires, nous devons simplement vivre notre temps en acceptant de nous régénérer, de nous oxygéner, d’être simplement audacieux parce que l’audace est l’exacte inverse de la peur et que la peur conduit au rejet.

La France est belle, l’Europe encore plus et le monde est la quintessence de la beauté parce qu’il est le mélange de ce qui nous est offert d’admirer, de ce que nous avons créé, de ce pourquoi nous devons nous engager.

J’appartiens à une catégorie de la population qui est restée assise sur ses certitudes pendant des siècles et qui a tout perdu l’instant d’une révolution. Aujourd’hui, pour une majorité d’entre elle, il lui reste ses souvenirs, parfois ses châteaux , ses titres de noblesse et très souvent un bocal de formol dans lequel elle plonge pour ne pas voir les changements. Et il y a aussi, une autre partie, qui comme moi, fait le choix de se régénérer et de mélanger des univers différents, souvent opposés, avec la profonde conviction que c’est la seule possibilité de ne pas disparaître.

Ce qui est vrai à l’échelle d’une caste, l’est aussi à l’échelle d’un pays et quand je regarde, avec tristesse, la grandeur de la Russie décliner parce que son peuple n’a pas su se dépoussiérer au point de perdre son âme, pourtant censée être immortelle, j’invite Edouard Louis, Geoffroy de Lagasnerie, Philippe Corcuff et bien d’autres à ne pas s’enfermer dans leurs dogmes de gauche, mais à s’engager avec moi à combler le vide idéologique des politiques et à transgresser les institutions, avec bienveillance.

Les intellectuels de gauche sont assis sur leurs certitudes.

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Ervédo 13/10/2015 18:52

Il ne faut pas s'asservir de son passé.

Ervé
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