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L'observateur du dimanche

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Le blog de Benoît de Valicourt - Je vote blanc parce que le bleu est devenu marine et le rouge a perdu de sa passion.


Le socialisme lyonnais à la sauce hollandaise

Publié par L'observateur du dimanche sur 6 Décembre 2013, 15:03pm

Dans la culture lyonnaise, la bouffe tient une place à part ; il n’est pas un rendez-vous ou une négociation qui ne se tienne dans un bon bouchon de la ville. Depuis 1977, Gérard Collomb a dû en avaler des cochons entiers et des litres de Beaujolais et il s’en porte bien ! A bientôt 67 ans, il est le « jeune » papa d’une petite fille de 6 ans et le mari comblé d’une trentenaire. Il cumule 9 mandats et fonctions, dont trois importants, Maire d’une ville de 480 000 habitants, Président d’une Communauté Urbaine de près d’1,3 millions d’habitants et Sénateur. Autant dire que l’édile de Lyon est un surhomme à la santé de fer et ne souffre d’aucune altération de ses capacités intellectuelles. Ses détracteurs dénoncent son autoritarisme, son clientélisme et son double jeu politique, socialiste à Paris et libéral à Lyon. Comme si finalement, il n’y avait pas grand-chose à lui reprocher …

C’est vrai que l’on peut déplorer ça ou là quelques dossiers qui auraient dû être gérés différemment comme le quartier Grôlée, l’Hôtel-Dieu, le Grand Stade ou le festival Lumière, mais globalement la vie des Lyonnais s’est améliorée et la ville s’est embellie. Bien sûr, Gérard Collomb a poursuivi les dossiers de ses prédécesseurs et pris les bonnes idées de ses concurrents, avec un seul objectif celui de transformer Lyon et de marquer la ville de son empreinte. Du coup, Michel Havard a beaucoup de mal à trouver un angle d’attaque et martèle à qui veut bien le croire qu’il n’augmentera pas les impôts pendant le prochain mandat alors que le maire sortant a évalué une hausse raisonnable de l’ordre de 6%. Il est louable de ne pas vouloir augmenter l’impôt mais il est hypocrite de faire croire aux Lyonnais que ce sera le cas alors que la ville bouge, qu’elle se transforme et que son statut de capitale métropolitaine en fera inévitablement une ville des investissements.

Finalement, le vrai problème de Gérard Collomb n’est pas la gestion de la ville ou du Grand Lyon même si, par exemple, en matière de politique culturelle, le curseur pourrait être moins à gauche ou en terme de propreté, les collectivités compétentes auraient sans aucun doute besoin d’une meilleure gestion des ressources humaines  des services de la voierie, mais davantage le cumul de ses mandats locaux et national et la dichotomie qui existe entre les choix qu’il fait à Lyon et ceux qu’il fait à Paris. Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion de dire à Hubert Julien-Laferrière que Gérard Collomb gagnerait soit à quitter le PS, soit à démissionner du Sénat mais qu’il ne pouvait pas être le bon Dr Gérard et le sombre Mister Collomb ! En aura-t-il le courage ? Je pense qu’il peut le faire car à 67 ans, il n’a plus rien à prouver, il se représente pour un troisième et dernier mandat. Mais il a le secret espoir de Polichinelle d’être nommé ministre et de laisser ses mandats. Mais ministre dans quel gouvernement ? Un gouvernement socialiste ? Il serait condamné à fermer sa gueule puisqu’il ne pourrait pas démissionner du maroquin tant espéré. Un gouvernement d’union nationale ? La situation n’est pas assez grave à l’échelle de notre pays pour que la droite et la gauche s’unissent  sans avoir à jouer la comédie du pouvoir. Ministre serait-elle la consécration pour cet homme de lettres ? Les temps changent et l’époque d’Edouard Herriot est révolue ; être ministre aujourd’hui est un rôle d’acteur de série B, avec le risque de rester un second rôle ou pire de disparaitre des écrans radar, à moins bien sûr d’un grand ministère régalien.

Le socialisme lyonnais à la sauce hollandaise

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